La lutte contre le changement climatique prend son espace dans le Forum Social Mondial

ccEsther Vivas

Lutter pour l’environnement peut coûter cher. Nombreux ont été les assassinats et les disparitions d’activistes écologistes. Sombath Somphone, du Laos, est l’une de ces victimes. Pablo Solón, directeur de Focus on the Global South, l’a rappelé hier, lors de l’inauguration de l’ « Espace Climat » du Forum Social Mondial (FSM) qui se déroule en ce moment à Tunis.

Pour la première fois, une édition du FSM compte avec un espace spécifique et permanent pour analyser les causes et les impacts du changement climatique, échanger les expériences et débattre sur de nouvelles stratégies afin d’affronter la crise écologique actuelle. Il s’agit de l’ « Espace Climat », porté par près de 40 organisations écologistes du monde entier, comme La Via Campesina, Focus on the Global South, le Groupe ETC, Ecologistas en Acción, ou encore ATTAC France, parmi d’autres.

Le changement climatique est un élément central dans la crise systémique du capitalisme, il menace l’avenir de la vie sur la planète et met clairement en lumière l’incapacité du modèle actuel à le résoudre réellement. Face au changement climatique, les gouvernements, les institutions internationales et multinationales coïncident à appuyer à fond sur l’accélérateur et à parier sur une série de fausses solutions technologiques qui, au lieu de résoudre la crise, vont au contraire l’approfondir encore plus. Ils promeuvent également des solutions de marché pour se remplir les poches avec l’achat et la vente d’émissions de gaz à effet de serre. La nature devient ainsi une marchandise de plus, une source de profit masquée par une rhétorique verte sans contenu réel. Un vert qui ressemble à celui du dollar et non à celui de la nature.

Les organisateurs de l’« Espace Climat » n’y vont pas par quatre chemins car le temps joue contre nous et la planète: « Nous avons perdu trop de batailles importantes dans la lutte pour la justice climatique et il nous reste peu de temps pour éviter que la Terre Mère et l’humanité se précipitent dans le gouffre. Le changement climatique provoque déjà 400.000 décès par an. ». Mais ils soulignent aussi l’espérance et la nécessité de la mobilisation en affirmant que « nous avons besoin d’action si nous voulons changer l’avenir ».

Nous voyons aujourd’hui comment la crise économique aggrave encore plus la crise climatique, énergétique et alimentaire. Les mêmes qui ont spéculés avec les hypothèques « subprime » ; les fonds à risque, les compagnies d’assurance, etc., sont ceux qui accaparent aujourd’hui les terres et spéculent avec la nourriture. Tout est bon pour faire du profit : l’eau, les semences, la terre, les céréales. Comme l’affirmait Nnimmo Bassey de Oil Watch International à la clôture de l’inauguration de l’Espace Climat : « Il est temps d’intensifier les luttes et de créer des alliances ». Tel est également l’engagement ratifié par les nombreux assistants. Comme le dit la chanson : « Le peuple uni ne sera jamais vaincu ! ».

Esther Vivas, Tunis, 28/03/2013.
Traduction française : Ataulfo Riera.

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